Annexe 5.1

Straus Center for Conservation

(Centre Straus pour la préservation des œuvres d’art)

Laboratoire des peintures

 

Rapport d’analyse

 

La signature

La signature a été examinée et photographiée à un agrandissement de facteur 12 à l’aide d’un microscope stéréo. A l’observation au microscope, des particules de pigment isolées de la peinture jaune très granuleuse apparaissent très nettement. La signature s’enfonce dans des craquelures préexistantes dans la couche de peinture. Ceci suggère fortement que la signature a été ajoutée une fois que la peinture a séché en profondeur et a eu le temps de craqueler.

Anne Higgonet, professeur d’histoire de l’art au Wellesley College, est venue examiner la peinture et la signature. Selon elle, la signature n’est pas l’une de celles apposées par la sœur de Berthe Morisot, et elle ne ressemble pas à celle de l’artiste. Anne Higonnet en déduit que la toile ne serait pas celle qui a été exposée au Salon en 1864, car Berthe Morisot n’aurait sans doute pas manqué de signer une toile destinée au Salon. En outre, elle fait remarquer que la toile est de dimensions plus petites et de facture plus rapide que celles qu’exposait habituellement Berthe Morisot au Salon. Enfin, elle précise que la peinture pourrait cependant avoir été exécutée par Berthe ou par sa sœur Edma, qui a peint avec elle pendant une dizaine d’années.

 

Le verso

Deux marques de fabricant, assez grandes, figurent au dos du cadre. Sous une lumière normale, un seul mot, peinture, est relativement lisible. Le verso a été examiné sous un éclairage aux ultraviolets, et a fait l’objet d’une réflectographie aux infrarouges.

La première analyse n’a apporté aucune information supplémentaire.

L’éclairage aux infrarouges, en revanche, permet de mieux lire les deux marques. Un cliché numérique à infrarouge a été effectué avec un appareil photo Haselblad. On peut lire sur les deux marques les inscriptions suivantes :

(Ca)dres à peindre

tableaux

F. PERROD

Paris

…B…va… de Clichy (Boulevard ?)

 

Une impression de l’image Phase One est incluse dans ce courrier.

 

Analyse

Un échantillon du pigment blanc dans la zone figurant le ciel a été prélevé pour analyse au FTIR (spectrométrie infrarouge par transformée de Fourier). Le mélange le plus approchant est du blanc de plomb dans de l’huile de lin. Aucun blanc de titane n’a été trouvé.

 

Examen aux ultraviolets

La toile a été exposée aux ultraviolets pour examen. Plusieurs zones de retouches relativement récentes, orientées verticalement, sont visibles, en particulier au premier plan à gauche, et dans la zone figurant le ciel, sur la droite. Elles pourraient correspondre à des plis dus à la barre du cadre. D’autres touches effectuées en larges coups de pinceau, la plupart situées dans la zone figurant le ciel, pourraient être des retouches. Elles ne montrent pas une fluorescence aussi violacée que les coups de pinceau à la verticale. Il existe une zone de fluorescence de vernis laiteux dans l’angle inférieur droit (par-dessus la zone de la signature). Ceci pourrait suggérer qu’il y ait des restes d’un ancien vernis à cet endroit, ou peut-être qu’un vernis anti-UV ait été appliqué localement.

Harvard University Art Museums – 32, Quincy Street – Cambridge, Massachusetts – MA 02138